Bulletin d’été

Rapport sur les investissements de la Supergrappe des technologies numériques

Alors que nous entamons notre troisième été, il nous fait grand plaisir de vous présenter notre rapport sur les investissements de la Supergrappe des technologies numériques. Le rapport met en relief les investissements que nous avons réalisés dans l’ensemble de notre portefeuille. Ces investissements sont à l’origine d’innovations qui offrent des solutions de santé numérique de premier ordre, des technologies pour atténuer les effets du changement climatique, et des possibilités de formation pour doter les Canadiens des compétences dont ils ont besoin afin de réussir dans l’économie numérique. En trois ans seulement, notre portefeuille de projets est passé à plus de 300 millions de dollars et comprend une communauté d’innovation pancanadienne de près de 1 000 organisations. L’élan imprimé par nos investissements, les retombées et les résultats générés par nos projets, et les avantages pour les Canadiens continuent de s’accélérer. Prenez un moment pour lire notre rapport sur les investissements ici.

Notre impact

Dépistage du cancer pour tous

Carla Van Wyck-MacDonald commençait à perdre espoir quand elle a subi un test d’ADN tumoral circulant (ADNtc). Son cancer du sein avait progressé à un stade avancé, la chimiothérapie avait entraîné des complications, et les restrictions de voyage liées à la pandémie de même que les éclosions virales dans les hôpitaux rendaient difficile l’exploration de nouvelles options de traitement. « Je me suis fait la promesse de rester le plus longtemps possible pour m’occuper de mes enfants », relate cette mère de quatre enfants de Shallow Lake, en Ontario. « J’ai donc continué de prier et de talonner mes médecins pour qu’ils m’offrent d’autres solutions. Que pouvions-nous faire pour prolonger ma vie? Que pouvais-je tenter d’autre? »!

C’est alors que le Projet ADTC – Accès au dépistage et au traitement du cancer en réponse à la COVID-19 a tout changé. Comme des milliers d’autres patients atteints du cancer de tout le Canada, le fait qu’elle ait eu accès à une thérapie ciblée doit beaucoup aux efforts d’un consortium dirigé par la société Canexia Health de Vancouver. La COVID-19 a forcé le report de biopsies tissulaires pour des milliers de patients atteints du cancer. La technologie de Canexia, toutefois, ne nécessite qu’un simple échantillon sanguin pour rechercher les biomarqueurs génétiques du cancer – des données qui peuvent ensuite servir à identifier les possibilités de traitement.

Les résultats du test d’ADNtc de Mme Van Wyck-MacDonald ont révélé une mutation connue sous le nom de PIK3CA, ce qui lui a valu d’être inscrite à des essais cliniques pour deux médicaments. Selon le Dr Phillipe Bedard du Princess Margaret Cancer Centre de Toronto, « l’histoire de [cette patiente] illustre combien il est utile d’avoir un test sanguin disponible sur un échantillon qui peut être prélevé à proximité du domicile du patient. C’est d’autant plus précieux pour les patients qui vivent en dehors des zones urbaines et n’ont pas forcément accès aux tests spécialisés des hôpitaux de recherche universitaires. »

Le nouveau traitement de la mère de famille a rapidement commencé à « renverser ma situation », dit-elle, ajoutant que « je suis sûre que beaucoup d’autres personnes pourraient en bénéficier ».

Le fait est que plus de 1 500 patients atteints du cancer à travers le Canada ont reçu un test d’ADNtc grâce au Projet ADTC, et environ 50 pour cent des tests ont révélé des résultats communicables. Par l’intermédiaire des établissements universitaires membres du consortium, 245 oncologues de plus de 70 institutions ont commandé un test, ce qui représente au-delà de 30 pour cent des oncologues en exercice au Canada.

En même temps, le cadre de la Supergrappe des technologies numériques a permis de générer des données grâce auxquelles les autorités sanitaires ont pu évaluer la possibilité d’intégrer les tests d’ADNtc dans l’arsenal des traitements contre le cancer. « Plutôt qu’une seule entreprise ne cherche une solution de manière autonome, la Supergrappe nous a permis de mettre sur pied notre équipe de projet de façon rapide et efficace », affirme Michael Ball, président-directeur général de Canexia. « Les patients atteints d’un cancer ne peuvent pas se permettre d’attendre. »

<<Apprenez-en plus long sur le Projet ADTC et visionnez sa présentation dans le cadre du Digital Demo Day (« journée de démonstration des modèles de solutions numériques »).>>

Télésoins des plaies en soutien aux populations les plus vulnérables du Canada 

Il existe à l’échelle mondiale une épidémie de plaies chroniques, souvent réduites à des symptômes de maladies plus graves comme l’hypertension ou le diabète. Au Canada, de 30 à 50 pour cent de tous les soins de santé concernent une plaie, et 4 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour leur traitement. Notre population âgée est le plus à risque. Un aîné sur quatre qui réside dans un établissement de soins de longue durée est susceptible de se retrouver avec une escarre qui risque de s’incruster en permanence.

Les travailleurs de première ligne qui s’occupent des plaies de patients blessés sont confrontés à un véritable défi, car ils ont souvent une formation sommaire, un nombre limité de spécialistes des plaies auxquels ils peuvent avoir accès, et l’évaluation d’une plaie peut se révéler d’une grande complexité clinique. Tous ces facteurs nuisent grandement à la prestation de soins de qualité, à tel point que plus de 40 pour cent des plaies ne sont pas traitées adéquatement.  

Des membres de la communauté de la Supergrappe des technologies numériques se sont mobilisés pour solutionner le problème du traitement des plaies avec le projet Télésoins des plaies Canada, qui a mis au point une solution technologique pour accélérer un modèle de soins des plaies à distance. Piloté par Swift Medical, le projet réunit SE Health, AlayaCare, l’Institut Michener du Réseau universitaire de santé, le Centre universitaire de santé McGill, et les Services de soutien à domicile et en milieu communautaire – Centre-Est.  

Utilisée par les médecins, les infirmières et les patients, l’application mobile mesure et évalue une plaie et développe une image 3D de qualité médicale qui oriente le traitement. Avec une précision de 95 pour cent, les fournisseurs de soins peuvent suivre les patients à distance, et leur procurer des soins personnalisés et préventifs, grâce aux données prévisionnelles de la plateforme.  

« Le projet Télésoins des plaies Canada rend le traitement des plaies accessible aux patients de tout le pays, en mettant au point des outils qui transforment les soins de santé et améliorent la qualité de vie des patients », explique Carlo Perez, président-directeur général et cofondateur de Swift Medical. « Notre application numérique donne aux patients la possibilité de prendre des clichés de qualité médicale de leurs plaies depuis leur domicile. Cela permet de leur fournir des soins de meilleure qualité, tout en gérant les risques, les coûts et la conformité. » 

Ce modèle virtuel de traitement des plaies vient également en aide aux communautés éloignées, comme la Première Nation crie du nord du Québec où les patients présentent une prévalence élevée de diabète. Auparavant, les patients devaient se rendre à grands frais dans les centres urbains pour consulter un spécialiste du traitement des plaies. Désormais, grâce à la technologie de traitement des plaies à distance, les patients peuvent suivre l’évolution de la plaie, et les infirmières locales sont en mesure de communiquer à distance les détails aux spécialistes.       

 << Apprenez-en plus long sur le projet Télésoins des plaies Canada et visionnez sa présentation dans le cadre du Digital Demo Day (« journée de démonstration des modèles de solutions numériques »)>>  

Échographie au point de service : Améliorer la santé des collectivités rurales et autochtones  

L’échographie est un outil clinique essentiel qui permet de poser un diagnostic précoce pour de nombreuses pathologies, qu’il s’agisse de problèmes cardiaques, de risques prénataux ou de l’identification d’anomalies pulmonaires pouvant découler de la COVID‑19.

Notre projet de la Supergrappe, Échographie au point de service, a développé un réseau d’appareils d’échographie portatifs alimenté par l’intelligence artificielle, afin de mettre la technologie de l’échographie à la portée des collectivités éloignées et rurales pour les patients en obstétrique et en cardiologie.

« Les scanneurs portables sont devenus un élément essentiel de ma boîte à outils », affirme la Dre Jennifer Kask, médecin de famille à l’hôpital North Island, qui a pu voir et traiter un grand nombre de femmes dans des collectivités comme Campbell River et Port Hardy. « J’adore [cet appareil]. Je l’apporte partout avec moi, tout comme j’emporte mon stéthoscope et mon stylo au bureau tous les jours. »

Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé, l’équipe du projet a tout de suite envisagé la possibilité d’étendre l’application des appareils à ultrasons portatifs à la détection des lésions et dysfonctionnements pulmonaires pouvant avoir été causés par la maladie. L’équipe a réagi rapidement, et c’est ainsi que le projet Échographie au point de service pour la COVID-19 a vu le jour.

Avec une célérité renversante, les membres du projet – Providence Health Care, qui le dirige, ainsi que Change Healthcare, Clarius Mobile Health, l’Université de la Colombie-Britannique, la St. Pauls Foundation et le Rural Coordination Centre of B.C. (RCCBC) – ont uni leurs efforts pour déployer plus de 80 appareils d’échographie portatifs Clarius dans les collectivités éloignées et les foyers de soins de longue durée de la Colombie-Britannique.

« L’échographie a changé la donne pour l’ensemble des soins en milieu rural, en permettant des diagnostics immédiats pour le triage et en orientant plus rapidement les cas de traumatismes vers des niveaux de soins plus élevés », explique la Dre Virginia Robinson du Rural Coordination Centre. « Grâce à la mise en place du réseau COVID, les médecins peuvent transmettre leurs images à n’importe quel spécialiste et obtenir un avis immédiat en retour. »

La Dre Robinson souligne que la Supergrappe a généré « une intelligence coopérative » qu’elle décrit comme la capacité de ses membres à tirer parti des divers champs de compétence de chacun pour mettre au point de nouvelles technologies qui améliorent les soins aux patients. 

C’est dans les collectivités rurales et autochtones où les soins spécialisés font défaut, et où il est difficile d’obtenir des diagnostics en temps opportun, que l’effet du projet Échographie au point de service se fait le plus sentir, affirme la Dre Robinson. « Certaines de nos collectivités les plus rurales sont autochtones, et elles en retirent maintenant les bienfaits. Les médecins peuvent utiliser ces appareils d’échographie portatifs pour différencier les problèmes de santé mineurs des urgences médicales, ce qui peut contribuer à sauver des vies. » Au cours des quatre derniers mois, 52 appareils ont été déployés dans 32 collectivités rurales, dont 12 collectivités autochtones.

L’outil permet aussi de réaliser des économies. Le transfert d’un patient d’un milieu rural vers un centre urbain pour une imagerie diagnostique urgente peut coûter jusqu’à 20 000 dollars, tandis que les patients qui doivent voyager pour recevoir des soins non urgents sont forcés d’assumer leurs propres frais de déplacement. « Pour les patients, les médecins et le système de soins de santé, c’est une percée extraordinaire », fait remarquer la Dre Robinson.

De plus, le projet Échographie au point de service permet aux médecins de traiter les membres de communautés mal desservies et de groupes sous-représentés qui sont généralement réticents à se présenter à l’hôpital ou à la clinique. « Notre capacité d’atteindre des personnes qui ne consulteraient peut-être pas autrement est également très bénéfique », précise la Dre Robinson.

Le projet Échographie au point de service positionne également la Colombie-Britannique et le Canada comme chefs de file en matière de formation en soins de santé, grâce à l’usage qui est fait des appareils d’échographie portatifs. « L’échographie existe depuis un certain temps, y compris l’échographie portable, mais l’approche de la Colombie-Britannique, qui consiste à créer un système et une communauté de pratique où nous pouvons partager et apprendre les uns des autres, va nous amener à un autre niveau et nous assurer des avantages à long terme », conclut la Dre Robinson.

<<Apprenez-en plus long sur le projet Échographie au point de service ici>> 

Coin des membres

DNAstack et la Supergrappe des technologies numériques du Canada à VivaTech 2021

Sue Paish, chef de la direction de la Supergrappe des technologies numériques, et Marc Fiume, président-directeur général de DNAstack, étaient au nombre d’une impressionnante brochette de conférenciers dans le cadre du récent salon VivaTech. Tenu en France, VivaTech est le plus grand salon de l’entreprise en démarrage et de la technologie d’Europe. Nos deux conférenciers se sont exprimés sur « les modèles d’innovation gagnants dans les soins de santé canadiens » dans le cadre du volet consacré aux innovations technologiques à surveiller, le 17 juin.

La séance a été introduite par Nicolas Lepage de l’ambassade du Canada à Paris et a fait la preuve que le Canada est un pays à surveiller dans l’espace numérique.

« La Supergrappe des technologies numériques du Canada », a expliqué Sue Paish, « est le fruit d’une politique publique audacieuse et ambitieuse, axée sur la promotion de solutions numériques conçues au Canada – des solutions qui répondent à des problèmes mondiaux tout en faisant croître des entreprises numériques de premier plan et en accélérant le leadership mondial du Canada sur la scène de l’innovation numérique. Voyons les choses en face : le monde d’aujourd’hui est numérique. »
 
« Peu d’enjeux sont aussi pressants que celui des soins de santé », a-t-elle ajouté. « Les coûts des soins de santé atteignent jusqu’à 50 pour cent du budget total d’un grand nombre de pays ou de régions. Dans notre Supergrappe, nous concentrons nos efforts sur l’amélioration de la prestation des soins de santé, de l’accès aux soins, des résultats sur la santé et de la durabilité des systèmes de soins. Et pour ce faire, nous misons sur l’innovation collaborative et le coinvestissement dans la technologie. »

« La biologie est vraiment complexe », a souligné Marc Fiume dans ses notes sur DNAstack, « et la meilleure façon d’accélérer les découvertes est de fournir à nos scientifiques une énorme quantité de données et d’outils alimentés par l’IA afin que nous puissions mettre au jour les associations entre la génétique et les résultats cliniques. Chez DNAstack, nous nous concentrons sur les moyens de créer des technologies qui rendent possible la recherche biomédicale collaborative. Nous voulons changer radicalement la façon dont les découvertes se produisent – essentiellement en passant d’une approche individuelle à une vision d’équipe. Une mission aussi ambitieuse et d’une telle envergure ne peut être accomplie que par la collaboration. À cet égard, nous avons de la chance de pouvoir compter sur la Supergrappe des technologies numériques. Elle nous procure le véhicule dont nous avions besoin pour œuvrer de concert avec des chefs de file canadiens et mondiaux qui partagent notre vision. »

Le programme de la COVID-19 de la Supergrappe a incité M. Fiume et l’équipe de DNAstack à aborder des sommités au sein de différentes organisations, dont l’hôpital Sunnybrook, l’Université McGill, Microsoft et l’Institut Vecteur.

« Il a été renversant de voir un si grand nombre de partenaires à travers le Canada se mobiliser pour soutenir cette vision commune. Notre pays possède tellement de talents – en IA, en médecine génomique et en matière de stratégie. Ce qui distingue la Supergrappe, c’est qu’elle nous permet de créer des consortiums de classe mondiale et de les faire évoluer rapidement d’une manière inédite. »

Le résultat de cette collaboration est le projet Nuage COVID de la Supergrappe, qui crée la première plateforme mondiale conçue pour permettre aux chercheurs, du monde entier éventuellement, d’échanger des données et de l’information sur l’évolution du coronavirus. L’importance de cette percée a d’abord été distinguée par la province de l’Ontario et quelques mois plus tard, le Canada a reconnu la valeur de la plateforme Nuage COVID pour le pays.

En un an seulement, DNAstack a triplé de taille et poursuit des plans de croissance exaltants. « Nous œuvrons maintenant à une nouvelle version du Nuage COVID, dotée d’un plus grand nombre de données et d’outils, que nous commençons à déployer à l’échelle mondiale », souligne Marc Fiume. « Nous sommes aussi en train de lancer, grâce à la Supergrappe, un autre projet visant à explorer de nouveaux diagnostics et traitements pour les cas graves de COVID-19, et nous transférons notre technologie vers la recherche sur l’autisme et le traitement de maladies comme le cancer. » (en anglais). Nous sommes extrêmement fiers des efforts engagés par DNAStack avec ses partenaires dans le cadre de la Supergrappe, et nous applaudissons tous les membres de l’équipe du projet qui contribuent à faire progresser les soins et les solutions pour tous les Canadiens… et peut-être aussi pour le monde entier!

Nouvelles

Le Canada à la tête d’une collaboration internationale pour la recherche sur la santé de précision en matière d’autisme

Sur l’essor des entreprises de haute technologie à Vancouver (en anglais)

Vingt-quatre personnalités d’origine asiatique à surveiller à Vancouver (en anglais)

Comment le projet de la Supergrappe de Boeing Vancouver se propose d’imprimer un bond en avant à l’entretien des aéronefs (en anglais)

L’avenir de la maintenance et de la vérification des aéronefs passe-t-il par la réalité augmentée? (en anglais)

Aux origines de l’augmentation soudaine du nombre d’entreprises milliardaires établies en Colombie-Britannique (en anglais)

L’initiative de partage des données sur l’autisme met le modèle des données fédérées au service de la recherche et des soins cliniques (en anglais)